Cosmétiques : interdiction mondiale de l’expérimentation animale ?

Le Parlement européen a voté, le 3 mai 2018, en faveur de l’arrêt total de l’expérimentation animale pour les cosmétiques dans le monde. L’objectif est de promouvoir les normes européennes en matière de protection animale.

 

L’Europe est le plus grand marché au monde pour les produits cosmétiques. Secteur prospère et innovant, il fait travailler deux millions d’Européens. L’expérimentation animale, pratiquée depuis la Seconde Guerre mondiale, est à cet égard un enjeu majeur dans la mesure où cette pratique a jusqu’à présent été considérée comme le meilleur moyen de s’assurer de la non-toxicité des substances.

 

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Pour que les réactions aux substances soient comparables avec celles des humains, les animaux cobayes ont, logiquement, un profil génétique et physiologique également proche. Lapins et rats sont ainsi utilisés pour avaler, inhaler ou recevoir quotidiennement sur leur peau rasée des substances cosmétiques pendant des périodes allant de 28 à 90 jours. Les animaux sont ensuite abattus pour être disséqués afin de vérifier l’innocuité des produits.

 

Outil de la sécurité sanitaire des consommateurs, l’expérimentation animale est aujourd’hui condamnée par de nombreux Européens, pour qui elle est un acte violent inutile. De plus, l’exactitude des résultats obtenus est également remise en cause, tandis que des alternatives fiables sont désormais disponibles. C’est pourquoi l’Union européenne se place en précurseur de l’interdiction de ces pratiques sachant qu’environ 80% des pays dans le monde continuent à autoriser l’expérimentation animale et la commercialisation de produits cosmétiques expérimentés sur des animaux.

 

Opinion publique favorable

 

Un eurobaromètre spécial a été commandé pour mieux connaitre le sentiment des Européens à l’égard du bien-être animal. Les résultats, publiés en mars 2016, révèlent que 90% des personnes interrogées déclarent qu’il est important d’établir des normes élevées universelles en matière de bien-être animal et 89% d’entre elles pensent que l’UE devrait faire davantage de sensibilisation sur l’importance du bien-être animal au niveau international.

 

Corine Pelluchon, professeure de philosophie et auteure de plusieurs ouvrages sur l’éthique animale tels que Manifeste animaliste, politiser la cause animale, explique que « les Européens se sentent vraiment concernés. Ils sont de plus en plus nombreux à prôner un plus grand respect des animaux et même s’ils ne sont pas tous prêts à abandonner certaines pratiques, la question animale devient un véritable enjeu de société ».

 

En savoir plus en lisant l’article entier sur www.touteleurope.eu.

 

20-02-2018 : Communiqué de presse officiel du Parlement Européen sur la future interdiction mondiale d’expérimentation animale dans le domaine des cosmétiques