Ethique et « bien-être » au secours de l’expérimentation animale

En plus de la douleur causée aux animaux par l’expérience, on doit aussi prendre en compte une souffrance structurelle importante liée à la privation de liberté et à l’impossibilité de satisfaire les besoins physiologiques de leur espèce, à la séparation mère-enfant et à la manipulation par les techniciens.

 

Les animaux dans les laboratoires sont donc également sujets au stress et à l’angoisse : on observe par exemple que des animaux rescapés d’un laboratoire se recroquevillent terrorisés dans un coin de leur cage à la seule vue d’un vêtement blanc (qui leur rappelle la tenue des animaliers).

 

expérimentation animale

Intervention dans le cerveau
d’un rat immobilisé

Des photos et des films clandestins, ainsi que les témoignages de personnes ayant travaillé dans ces laboratoires  révèlent une cruauté guère imaginable pour la plupart d’entre nous et provoquent une prise de conscience et une émotion croissantes au sein de la société civile qui découvre ces exactions.

 

En réaction, les chercheurs qui utilisent des animaux ont désormais recours à de nouvelles stratégies permettant de ne pas avoir à revenir sur le bien-fondé moral de cette pratique. Ainsi, l’éthique a fait son apparition dans le discours des défenseurs de l’expérimentation animale.

 

Il n’est pas inutile de rappeler que l’éthique est un aménagement des valeurs morales par rapport à un objectif, qui est ici de faire progresser la science. On peut par exemple parler de « l’éthique du crime ».

 

Des comités d’éthique ont été mis en place au sein des laboratoires afin de veiller par exemple à l’application de la règle des 3R (« Raffiner » l’expérience menée, « Réduire » le nombre d’animaux utilisés, « Remplacer » les tests sur les animaux par d’autres méthodes).

 

Composés essentiellement de chercheurs travaillant au sein même des établissements concernés et donc pas ou peu sensibilisés aux méthodes de substitution, ces comités sont par définition une légitimation supplémentaire de l’expérimentation animale, permettant de la pérenniser.

 

Par ailleurs, la notion de « bien-être » est très relative car aménageable (cages plus grandes, jouets, anesthésies…) et elle n’est là encore pas de nature à remettre en question le sort de ces animaux, condamnés par avance, à une souffrance difficilement quantifiable et à une mort certaine.

 

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